7 merveilleuses raisons de se lever le matin

Vivre avec sept enfants est loin d’être de tout repos ! Et ça l’est encore moins quand on est un papa solo de 32 ans. Mais lorsque les parents de sa défunte femme menacent Hugo de lui enlever ce qu’il a de plus cher au monde, commence alors pour lui un combat de tous les instants.

Saura-t-il convaincre l’assistante sociale et la juge qu’il est un bon père et que ses enfants sont heureux avec lui ? Et lorsque l’amour viendra frapper à sa porte, parviendra-t-il à le reconnaître et à lui laisser une place dans son quotidien plus qu’agité ?

 

 

 

 

 

Prologue

Un parfum de fête embaumait la maison. Ça sentait le sapin et les bougies à la cannelle. Hugo tendit l’oreille pour écouter les chamailleries provenant des chambres voisines, et s’approcha de sa petite bibliothèque. Il avait encore une heure devant lui avant de prendre la route pour se rendre au repas de Noël où il était attendu. Largement assez de temps pour replonger avec nostalgie dans le passé.

Il attrapa les quatre albums photos confectionnés avec amour par sa mère, et les disposa sur son lit. Puis il s’installa et ouvrit le premier, le plus ancien, celui qui renfermait les souvenirs de sa première histoire d’amour. Shyrine… Alexia… Ses anges.

Au gré des pages, des noms défilèrent, ainsi que des visages, des sourires, des grimaces, des poses, des fragments d’histoire, des bribes de sa mémoire.

Une larme solitaire roula sur sa joue. Son passé, douloureux et émaillé de drames, cesserait-il un jour de le hanter pour laisser place à l’amour, à la vie, à la joie ?

 

 

Chapitre 1

— Septembre 2019 —

Rachel tourna la tête à droite et à gauche pour s’assurer que personne n’était en train de l’observer, puis orienta le rétroviseur intérieur de sa Nissan vers elle. Elle détailla quelques secondes ses grands yeux de biche ourlés de noir, joua de ses paupières pour vérifier que ses longs cils accrochaient bien le regard, puis observa ses lèvres pulpeuses et soigneusement peintes d’un joli fuchsia.

Sur la banquette arrière, une silhouette s’agita. Elle entendit le déclic de la ceinture de sécurité avant que de petites mains potelées viennent se poser sur ses joues.

« Qu’est-ce qu’il y a, maman ? Pourquoi on attend ? »

Rachel soupira. Même dans sa voiture elle ne pouvait avoir deux secondes de répit.

« On y va, mon chéri, lança-t-elle avant de détacher sa propre ceinture et de s’extraire avec grâce de son véhicule.

Elle claqua sa portière, ouvrit celle de derrière et aida son petit bonhomme de 4 ans à sauter de son siège-auto. Avec un immense sourire, Noah leva les yeux vers sa mère.

« Bravo, mon grand. Très joli saut. Allez, allons-y ! Ta maîtresse et tes copains t’attendent. »

Le petit garçon ne se le fit pas dire deux fois. Après avoir confié son minuscule sac à dos à l’effigie des Pat’Patrouilles à sa mère, il se mit à courir le long du trottoir en direction de la grille d’entrée de l’école publique.

Perchée sur des talons de douze centimètres, Rachel s’efforça de suivre le rythme des courtes jambes qui s’agitaient devant elle.

« Noah ! Attends-moi ! Attention de ne pas… »

Évidemment, ce qu’elle redoutait se produisit. Noah trébucha et s’étala de tout son long sur les dalles roses du parvis de l’école. Elle força le pas, sans pour autant se risquer à courir de peur de se fouler une cheville ou de finir dans la même position que son fils.

Elle était encore à quelques mètres de son fils en pleurs et hurlant à la mort, quand elle vit un parent d’élève se précipiter pour l’aider à se relever. Son cœur sauta dans sa poitrine. Quel heureux hasard ! C’était justement dans l’espoir de croiser ce charmant papa qu’elle avait chaussé ces escarpins affreusement douloureux et qu’elle avait enfilé cette petite robe qui moulait avantageusement son corps de jeune maman de 25 ans.

Dès qu’elle les eut rejoints, elle plia les genoux pour se mettre à la hauteur de son fils, que l’homme aux beaux yeux bruns avait redressé, et le prit dans ses bras. Le petit garçon mouilla aussitôt de ses larmes et de sa morve sa jolie robe noire. Et merde !

« Merci, souffla-t-elle, avant de lancer son sourire ravageur.

— C’est normal », fit-il gentiment avant de se relever.

Puis il se pencha vers Noah et lui ébouriffa les cheveux.

« Ça va aller, bonhomme ? »

L’enfant renifla et leva les yeux vers cet ange tombé du ciel. Il hocha la tête, puis regarda ses genoux.

« Z’ai pas déssiré mon pantalon.

— Ça, c’est super, répondit l’homme avant de pouffer de rire.

— Et z’ai même pas trop mal. Suis fort, hein ?

— Oui, tu es un vrai super-héros. Ne serais-tu pas le petit frère de Spiderman ? »

Un sourire ravi sur son petit visage barbouillé de larmes — la morve étant restée collée à la robe de sa mère —, Noah éclata d’un rire cristallin et reprit son galop en direction des portes ouvertes de l’école.

« Merci, fit Rachel en se redressant. Je crois qu’il a déjà oublié qu’il était tombé. Mais maintenant, il risque de vouloir grimper aux murs comme une araignée ! »

Un trait d’humour pour briser la glace. Qui sait ?

« Les chutes, les bleus, les plaies, je connais ça avec mes monstres. Le tout, c’est de vite les faire penser à autre chose. Comme ça, ils ne restent pas concentrés sur leur petit bobo.

— On voit bien que vous avez l’habitude.

— Oui, en effet. Bon, je vous laisse, je suis attendu. Bonne journée. »

Et aussitôt, il fit volte-face pour se diriger à petites foulées vers l’école. Rachel soupira, fascinée par le physique avantageux de ce papa célibataire.

Bon, le premier contact était établi grâce à la chute providentielle de Noah. Cependant, elle était un peu chagrinée. Il ne l’avait même pas déshabillée du regard, ses yeux n’avaient pas un seul instant plongé dans son décolleté, et il n’avait pas du tout semblé séduit par ses lèvres ourlées.

Contrariée mais pas encore prête à abandonner, Rachel entreprit de rejoindre sa petite flèche aux cheveux blonds qui l’attendait à côté de la porte, trépignant d’impatience.

Avant même d’entrer dans l’établissement scolaire, elle croisa plusieurs mamans aux prunelles flamboyantes de jalousie et quelques papas aux regards libidineux. Levant le menton fièrement, consciente de sa beauté, elle accentua son déhanché et pénétra dans le hall bruissant de mille voix enfantines.